Enquête AIUS : où passe la limite dans la relation patient-sexologue ?
La sexologie travaille au plus près de l’intime. Le cadre y est donc à la fois plus nécessaire et plus exposé que dans d’autres pratiques de soin. Pourtant, ce que vivent concrètement les praticiens reste peu documenté.
L’AIUS (Association Interdisciplinaire post-Universitaire de Sexologie) lance une enquête pour leur poser directement la question : qu’est-ce qui est acceptable dans la relation de soin ?

Un angle encore rare
La recherche sur les transgressions dans la relation thérapeutique existe depuis les années 1980, surtout chez les psychothérapeutes. Les travaux de Glen Gabbard ont notamment montré qu’aucun praticien n’est à l’abri de ce type de dérive. Au Québec, une étude a analysé les inconduites des sexologues à partir des dossiers disciplinaires de l’Ordre.
Ces travaux partent le plus souvent des cas sanctionnés. Ce qui manque, c’est le regard des praticiens eux-mêmes, sur l’ensemble des situations qu’ils rencontrent, y compris celles qui ne deviennent jamais des plaintes. C’est ce que cette enquête propose d’explorer, auprès des professionnels exerçant en France.
Ce que l’enquête explore
- Les situations rencontrées : à connotation sexuelle, agressive ou discriminatoire, dans les deux sens de la relation, du patient vers le praticien comme du praticien vers le patient.
- Les représentations : ce qui est perçu comme acceptable ou non, pendant la prise en soin et après.
- Les ressources : le sentiment d’être préparé, et les appuis mobilisés face à ces situations (supervision, conseil éthique, juridique, associatif).
Pourquoi c’est utile
Mieux connaître ces situations permet de mieux les anticiper. Les résultats nourriront la réflexion de l’AIUS sur le cadre éthique de la pratique, avec un double objectif : protéger les patients et sécuriser les professionnels.
Un cadre clair n’est pas une contrainte pour la clinique. C’est ce qui permet d’y travailler sereinement.
En pratique
- Pour qui : sexologues, sexothérapeutes et thérapeutes de couple exerçant en France, quel que soit leur parcours de formation
- Durée : 20 à 30 minutes
- Confidentialité : questionnaire strictement anonyme
- Équipe de recherche : Marie Chollier, Cécile Miele et Aurélie Maquigneau
Chaque réponse compte, et chaque partage aussi. N’hésitez pas à transmettre l’enquête à vos réseaux de sexologues.

